Le cercle Condorcet fait sa rentrée !

Une nouvelle année démarre pour le Cercle Condorcet de la Vienne. Au programme : des rencontres citoyennes autour de sujets comme « les outils de la démocratie » ou encore « le numérique : un levier pour collaborer et coopérer ? » ; des cafés-citoyens auront lieu également sur des sujets divers et variés, toujours dans le but d’échanger, de dialoguer afin de faire vivre la citoyenneté.

Nous vous ferons part des dates au fur et à mesure de nos actions !

Nous vous attendrons nombreux et nombreuses !

Retour sur la « Rencontre citoyenne du 13 Mars »

« La démocratie et ses outils »

Mercredi 13 mars 2019, une rencontre citoyenne a été organisée par le Cercle Condorcet à la Ligue de l’enseignement. Cette fois, la démocratie et ses outils étaient au centre des discussions.

Comment fonctionne notre démocratie ? Quelles sont les questions qui se posent aujourd’hui ? Quelle est la place du grand débat national dans le fonctionnement de nos institutions ?

Après une ouverture riche de François Hervouët, Professeur émérite et doyen honoraire de la Faculté de Droit de Poitiers, de nombreuses interventions, remarques, questions ont émergé.

Les rapporter serait fastidieux aussi, trois personnes de l’association, Florence, Joël et Pierre étaient chargés de « noter » les références à trois thématiques au regard de la question : les motivations, les enjeux et les propositions. Voici ce qui a été souligné par les prises de parole successives :

  • Pourquoi la démocratie devient-elle un sujet de débat ?
  • Les citoyens ont le sentiment de ne plus être associés par leurs élus aux prises de décision, mais seulement astreints à appliquer les décisions prises. Ce sentiment remet en cause le fondement-même de la démocratie, supposée pourtant être « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » comme le disait Lincoln.
  • Le mode d’élection des représentants du peuple à la majorité absolue dégage, de façon automatique voulue par la V° République, une « majorité », supposée décider à elle-seule de l’intérêt général, qui ne peut pas être simplement l’accumulation d’intérêts particuliers. Si la République doit être la « souveraineté des arguments » plutôt que celle des points de vue, nos concitoyens ont l’impression que l’argumentation n’est pas toujours vérifiée ni vérifiable et qu’elle serait parfois en lien avec des intérêts particuliers. La majorité absolue ne peut pas être qu’un chèque en blanc signé périodiquement par le peuple à ses représentants.
  • Les élus, les « hommes » politiques, semblent avoir cédé leur place aux « experts », aux techniciens aux « sachants » qui, du haut de leur savoir entretiennent une véritable technocratie. Le pouvoir n’est plus au peuple, mais aux techniciens. Les « grands commis de l’état » restent d’ailleurs les mêmes entre deux élections. L’expertise propre des citoyens, cette « expertise d’usage » qu’ils ont au travers de leur métier, de leur activité associative, de leurs compétences, ne semble plus respectée par les élus. D’ailleurs, les « non-sachants » n’osent plus s’exprimer et s’auto-censurent.
  • Les citoyens ont du mal à faire confiance à leurs élus, tant ces derniers ont parfois des discours contradictoires au fil du temps (on a connu le chauffage « tout électrique », les moteurs « tout diésel » promotionnés par les mêmes qui les combattent maintenant).
  • Nos élu.es du parlement sont sous l’influence de l’autorité du pouvoir exécutif et ne jouent plus leur fonction de représentants du peuple qui les a élus.
  • Un individu, un parti, une majorité de 50% +1 peuvent-ils détenir une vérité qui s’imposerait à l’ensemble de la population ? Il existe pourtant des instances officielles de démocratie participative qui travaillent : comités de quartier, conseils de développement, Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), national et régional. Ces instances sont mal connues des citoyens. En outre, même si elles sont parfois consultées par les Assemblées représentatives, leurs propositions et leurs avis sont rarement, voire jamais prises en compte, ni par les représentants du peuple, ni par le pouvoir exécutif.

 

  • Les enjeux
  • Dans les échanges, peu de référence aux enjeux. Ce qui peut faire l’objet d’une autre rencontre citoyenne. Nous avions pensé que les enjeux territoriaux, environnementaux seraient apparus au cours des prises de parole.

 

  • Les propositions
  • Elles concernent l’amélioration de la démocratie dans sa forme représentative et participative car, la démocratie directe qui connait des applications partielles dans certains petits pays (Islande ; cantons suisses) ne semble pas possible dans un pays aussi peuplé que la France.
    • Démocratie représentative : faire en sorte que les électeurs soient mieux représentés
      • Comptabiliser les votes blancs mais sans leur donner le même effet que les suffrages exprimés si on garde le système de majorité absolue ou bien adopter un système de majorité relative
      • Accroitre la part de proportionnelle dans le vote
      • Fusionner le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour renforcer le rôle des corps intermédiaires.
  • Démocratie participative : accroitre les dispositifs participatifs qui sont encore rares (consultatif comme le CESE à Paris et les CESER en région) ou limités (conseil citoyens en quartier politique de la ville)
    • Renforcer les liens et les dispositifs de concertation obligatoires entre les organismes de démocratie participative et les élus pour qu’ils les écoutent.
    • Permettre aux citoyens (tirés au sort ?) de participer au contrôle de l’application des lois et à l’évaluation des politiques publiques
    • Mettre en place des stages citoyens avec du temps accordé (rémunéré ou compensé comme prévu dans la loi Egalité-citoyenneté du 27/1/2017)

L’ensemble de ces propositions recherchent à privilégier les échanges constructifs dans le sens de la définition de Bertolt Brecht : « la démocratie c’est la souveraineté des arguments »

 

 

 

Café citoyen du 7 Février 2019 : « Les nouveaux territoires »

Le 7 Février de 19H à 21H au café des arts de Poitiers se tiendra un nouveau « café citoyen » sous la thématique :

« Les nouveaux territoires »

On assiste à un redécoupage des territoires. Qu’est-ce qu’on a à gagner ? à perdre ? à imaginer comme développement ? Dans la Région Nouvelle-Aquitaine, le Grand-Poitiers, la ville-même de Poitiers, qu’est-ce qui change vraiment pour le citoyen, la citoyenne ? Quels sont les changements déjà ressentis ? Doit-on en avoir peur ? s’en réjouir ?

Ce sont autant de questions qui pourront être débattues lors de cette soirée

Celle-ci sera introduite par Olivier Bouba-Olga, Professeur des Universités- UFR de Sciences économiques -co-auteur de La Mythologie CAME : comment s’en désintoxiquer ?

Nous vous attendons nombreux !


 

 

 

Café citoyen du 17 Janvier « Qu’est-ce qu’être pauvre aujourd’hui en France ? » »

Pour faire suite au café citoyen du 17 Janvier 2019

Pour aller plus loin : texte de Serge Bernard sur : « Qu’est-ce qu’être pauvre en aujourd’hui en France ? » CAFE CITOYEN PAUVRETE

Qu’est-ce qu’être pauvre en France aujourd’hui  en France ?

“L’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières.” (Woody Allen). Quelques citations au ton plus grave ont davantage de pertinence pour se représenter l’éventail des opinions sur la pauvreté :

  • “La paresse chemine si lentement que la pauvreté la rattrape.” (Benjamin Franklin  – Homme politique américain du 18ème siècle)
  • “Le vice est caché par la richesse et la vertu par la pauvreté. ”  (Théognis de Mégare- Poète grec du 6ème siècle av J.-C.)
  • “La pauvreté n’ôte de noblesse à personne, la richesse oui.” (Boccace – Écrivain florentin du 14ème siècle )
  • “Il est plus facile de louer la pauvreté que de la supporter.” (Mère Teresa – Religieuse du 20ème siècle)
  • “Pauvreté engendre impuissance.” (Théognis de Mégare  – Poète grec du 6ème siècle av J.-C.)
  • “La charité est le moyen d’entretenir la pauvreté, de la fomenter, de la pérenniser.” (Vicente Blasco Ibanez – Écrivain, journaliste et homme politique espagnol des 19ème et 20ème siècle)

Chacun d’entre nous a son opinion précise ou confuse, où se mêle en proportion variable, la culpabilisation des personnes pauvres et la compassion à leur égard. C’est l’intérêt des Cafés citoyens de la confronter à quelques données objectives.

L’intervenant, Serge BERNARD (dont vous trouverez le texte en présentation en pièce jointe), s’appuie tout d’abord sur les publications de l’Observatoire des Inégalités pour estimer le nombre de personnes pauvres en France.

La pauvreté économique et ses conséquences

La pauvreté économique se définit par rapport au revenu médian (il y a autant de personnes qui disposent de davantage de revenus et autant qui en ont moins). Si les indicateurs utilisés varient, le nombre de 8,8 millions de personnes pauvres est généralement accepté. Une personne sur 7 est pauvre, ce serait une personne sur 5 s’il n’y avait pas de prestations et d’aides sociales. Les 2/3 des personnes pauvres vivent dans les grandes villes.

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) est une institution gouvernementale. Se fondant sur un seuil de pauvreté moins élevé,  il détermine que sont pauvres :

  • plus du tiers des familles monoparentales,
  • plus du tiers des chômeurs,
  • un quart des moins de 30 ans et moins d’un sur dix des 65 ans et plus.

Des études ont montré que 6 % des ménages ne peuvent maintenir leur logement à bonne température et qu’un Français sur 5 n’est pas en mesure de s’offrir une alimentation saine lui permettant de faire trois repas par jour.

L’Indicateur de Pauvreté humaine dans les pays développés du  Programme des Nations unies pour le Développement combine le pourcentage de décès avant 60 ans, le taux d’illettrisme des adultes, le pourcentage de personnes disposant de moins de la moitié du revenu médian et le taux de chômeurs depuis plus de 12 mois. Il place en 2007, la France au 11ème rang du classement des 19 pays les plus riches.

Le plan pauvreté

Le Président de la République a annoncé un plan pauvreté d’un montant de 8 milliards d’euros sur 4 ans, selon 4 axes.

  • L’action pour l’enfance : faciliter l’accès aux modes de gardes des familles défavorisées ; des petits déjeuners dans les écoles des zones défavorisées et des tarifs sociaux pour les cantines.
  • Accompagnement des jeunes et des bénéficiaires de RSA vers l’emploi : développement de la Garantie Jeunes, obligation de se former jusqu’à 18 ans, accompagnement vers l’emploi des allocataires de minima sociaux.
  • Simplification du système social : aide unique pour le financement d’une mutuelle santé, mise à l’étude d’une revenu universel d’activité.
  • Logement : résorber les bidonvilles.

A la recherche d’une nouvelle vision de la pauvreté

ATD Quart Monde mène une recherche inédite avec l’université britannique d’Oxford où participent, à égalité, des personnes ayant l’expérience de la pauvreté aux côtés de professionnels et d’universitaires. L’objectif : promouvoir des nouvelles catégories d’analyse de la pauvreté, moins technocratiques, davantage nourries par la vie des personnes qui en souffrent, et faire avancer la pensée globale sur la nature et la mesure des dimensions de la pauvreté. En effet, celle-ci est souvent définie sans consulter les premiers concernés et mesurée selon des critères strictement monétaires.

Le scandale de la pauvreté

La pauvreté dans les pays riches est un scandale au sens de « fait qui heurte la conscience, le bon sens, la morale, suscite l’émotion, la révolte ». Les mécanismes politiques et économiques qui conduisent à de profondes inégalités sont nombreux.

 

Lucie en visite à la Journée des associations du Grand Poitiers

La marionnette Lucie, médiatrice rurale et son partenaire Christian Compagnon de la Compagnie de la Trace, sont venus rendre visite au stand du Cercle Condorcet de la Vienne lors de la Journée des associations du Grand Poitiers qui s’est tenue le 9 Septembre 2018 au Parc des expositions.

Ils en ont profité pour échanger avec les visiteurs petits et grands, filles et garçons,  durant quelques minutes sur des questions comme « Le sport et la culture, ça sert à quoi ? » ou encore « La culture demande-t-elle des efforts ? ».

Faire émarger des débats, des échanges et réflexions sur des sujets sociétaux et citoyens est l’objectif premier de notre association.

Lors de cette journée, grâce, entre autres, à Lucie et Christian, cela a été atteint !

En attendant les possibles « Rendez-vous de Lucie ! », vous pouvez toujours prendre contact avec nous.